15 September 2006

Madagascar... l'opération chirurgicale

EPISODE 1:

 

En route pour Sakalalina :

26 Juillet 2006 :

Une dame vient de rentrer dans la boutique.

- Je viens de la part de Fara, la sage-femme qui habite à Sakalalina. Elle m'a chargé de vous dire qu'un vazaha (ndlr :européen) spécialiste de la chirurgie vasculaire vient d'arriver. Il ne restera pas longtemps au pays.

En entendant cela, ma mère est dans tous ses états, on a vite fait de faire le programme. Je viendrai avec elle en attendant ma sœur et mon beau-frère qui viendront si l'opération se précise sur place. La journée du 27 est réservée à la préparation. J'ai mis dans mon sac de voyage quelques effets vestimentaires genre tee-shirts, pantalons, un tricot sans oublier quelques journaux et magazines pour passer le temps à la campagne. J'ai remarqué lors de mon précédent passage en 2004 qu'il n'y aucune boutique qui vend des choses à lire sur place.

28 Juillet 2006 :

On a acheté les billets vers 7h du matin. Le prix d'un billet est de 3500 ariary soit 1,28 euro (1€ = 2729 ariary), la hausse du carburant a eu une répercussion sur le tarif qui était de 3000 ariary.

Curieusement, on ne fait pas encore monter les voyageurs alors que le nombre de passagers pour la voiture est atteint depuis deux heures.

Finalement, à10h30mn, le car brousse pleine comme un œuf démarre, il y a même trois gars au fond qui sont debout et il n'y pas moyen d'insérer une feuille entre moi et ma mère qui est à ma gauche ni mon voisin à droite!

Sakalalina est une bourgade d'environ 1500 ou 2000 habitants et se situe à 65km à l'est d'Ihosy. Les 21 premiers kilomètres sont tout en douceur est pour cause, c'est la nationale 7 sur la route du nord. Une fois fini ces 21 kilomètres, on prend une piste à droite de la nationale est là, la galère commence, imaginez une piste très caillouteux avec moult trous gros comme des autruches sur une bonne longueur de 44 kilomètres. Ce n'est pas étonnant si les voitures mettent généralement 3 heures pour faire les 65 kilomètres qui sépare Ihosy de ce gros village, la même durée que pour faire les 200 km de route tout en bitume reliant Ihosy à Fianarantsoa située à 198km !

Tout le long du trajet sur la piste, les secousses et les nuages de poussières sont de rigueurs ;-(

La poussière commence à me titiller le nez, un peu plus et c'est le rhume.

De part et d'autre de la piste, des maigres végétations d'herbes sèches et d'arbres rabougris, pas mal ont étés coupés pour faire du charbons de bois, moins onéreux que les cuisinières à pétrole ou le gaz qui coûte trois semaines de salaire la bouteille de 9kg.

Vers 13h25mn, on arrive à ce village qui est fameux dans bon nombre de régions de Madagascar pour son hôpital. Sans cet hôpital, ce trou perdu serait ennuyeux à en mourir. Il est géré par la famille de Marie, un ordre dont les membres, tous féminines, ont fait dit-on des voeux de chasteté. Mademoiselle Agnès, une vieille Vazaha a construit cet hôpital au milieu des années 70 et depuis, il n'a cessé de prendre son essor jusqu'à son inauguration officiel en 1987 en présence du président de l'époque est du ministre de la santé. En comparaison avec d'autres grands centres de santé de l'île en rapport qualité-prix, il est imbattable car le moins cher avec une qualité non négligeable.

Le car est arrivé donc est tout le monde descend, on a à l'œil la descente des bagages afin d'éviter que d'autre soit tenté de les prendre de la main de l'aide chauffeur qui les descendent de la porte-bagages.

Première chose à faire : trouver un hôtel, petit forcément dans ce bourgade mais avec au moins des toilettes turcs et une douche rudimentaire. Lors de mon premier séjour en septembre 2004, j'ai dormi dans un hôtel vraiment minable car je n'ai pu trouver un petit hôtel avec un petit coin ni de l'eau suffisant pour la toilette, à peine un seau par jour pour se brosser les dents, se laver les mains etc…, j'ai été obligé comme la plupart des habitants de la campagne à faire mes besoins dans les hautes herbes un peu éloigné des habitations, gare si un sanglier surgit tout à coup ! Ici dans les campagnes, les gens ne comprennent pas qu'on puisse « garder » les déchets dans une « maison (ndlr :le petit cabinet)».

A l'hôpital il y a bien les coins WC bien aux normes avec chasse d'eau, robinet et tout, mais réservé aux patients.

Je me dis que le séjour va commencer mal.

(à suivre)

 


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